Tout sur la terre cuite

Des gisements abondants en argile

La région de la Puisaye regorge de gisements abondants d’Argile qui ont permis le développement de nombreux ateliers de potiers (encore de nos jours l’association des potiers de Saint Sauveurs regroupe une multitude de savoirs faire).

A l’origine, il y avait tous les vingt kilomètres une briqueterie ou une tuilerie pour alimenter la région en tuile de terre cuite, carrelages en terre cuite, briques. L’habitat de L’Yonne est le reflet de cette présence importante de sols en terre cuite, sous la forme de carrés, de tomettes hexagonales, de parfeuilles, de briques rouges flammées, vernissées.

L’atelier de Courboissy a su conserver toute cette authenticité dans la fabrication des carreaux en perpétuant ce savoir-faire et en fabriquant toute une gamme de carreaux en terre cuite, sous plusieurs formes et couleurs et ainsi s’adapter aussi bien à l’habitat contemporain qu’à la rénovation du patrimoine ancien.

L’intemporalité de ce produit en fait actuellement une force dans le monde de la construction. En effet, si nous n’avons pas connaissance de la longévité de certains produits dans le temps (béton, carreaux de ciment, pierre reconstituée…) la terre cuite traverse les années en gardant toujours ses propriétés initiales tout en se patinant avec le temps. L’atelier de Courboissy poursuit cette fabrication authentique de carreaux en terre cuite, carrelage en terre cuite, tomettes, tomettes en terre cuite.

Nous vous proposons dans le cadre des carrelages en terre cuite, des modèles convenants pour les terrasses. Deux modèles se prêtent parfaitement à ce type de produits : Le Courboissy 15 x 15 cm et le Prunoy 15 x15 cm.

La Terre et les différentes étapes de la fabrication

C’est ce procédé de fabrication qui fera toute la richesse des carreaux, pavés et tomettes des Terres Cuites de Courboissy.

A l’origine, l’argile de Courboissy provenait des terrains situés autour de la fabrique. Mais ces gisements situés sur Charny et Dicy sont épuisés depuis les années 1980.

L’argile est à l’heure actuelle acheminée de la Puisaye Forterre et de la région de Nevers. Les argiles sont de couleurs vertes, grises ou rouges. A la cuisson ces coloris deviendront des teintes pouvant aller du beige très clair au beige orangé voir marron, du rose saumoné au rouge cuivré en passant par des rouges et rouges foncés. En fonction de la gamme que l’on souhaite fabriquer, nous mélangeons ou pas ces différentes argiles, ce qui nous permettra de créer des tonalités différentes. La cuisson, dans des fours non homogènes accentuera cette palette de dégradés de couleurs qui sont la marque de fabrique des Terres Cuites de Courboissy.

L’argile est ensuite stockée en plusieurs tas pour être exposée aux intempéries pendant plusieurs mois (c’est le « pourrissage »). Elle est ensuite étalée sous des hangars ouverts pour le séchage et acheminée dans l’atelier de broyage et de malaxage.

Ensuite vient le mélange des argiles qui permettra d’obtenir la gamme souhaitée.

A l’inverse de nombreuses fabrications, les Terres Cuites de Courboissy, du fait de leur méthode de fabrication n’utilisent pas de chamotte dans le processus de constitution de son mélange. (La chamotte est obtenue par le concassage des produits cuits non vendables. Elle facilite le malaxage en rendant l’argile moins grasse). De même, notre méthode de fabrication par pressage, nous permet-elle de mélanger le moins possible nos argiles grâce à un système de fabrication sous vide qui rend l’argile très homogène.  En effet, la plupart des fabricants mélange sous vide l’argile pour obtenir une pâte compacte lui conférant des propriétés de dureté de résistance mécanique. L’argile est alors étirée entre deux cylindres et les carrelages sont fabriqués à l’aide d’un aspect plus lisse et plus uniforme ce qui n’est pas recherché dans notre mode de fabrication.

Dans la fabrication de nos produits, il n’est pas ajouté de produits chimiques permettant de lier les argiles entre elles ou de pigments pour permettre de le colorer.

Le mélange obtenu prendra le nom de « terre » (forme de poudre qui va être recueillie dans un entonnoir et transporté en élévation par une chaîne à godets). Elle sera ensuite versée dans un caisson pour recevoir la quantité d’eau appropriée. Grâce à un système de vis sans fin, elle sera transformée en un mélange pâteux puis expulsée et coupée à la sortie en pains d’argile d’une trentaine de centimètres.

Le moulage le façonnage

Traditionnellement, le moulage des carreaux était fait avec des presses d’abord manuelles puis actionnées à la vapeur.  Aujourd’hui, nous utilisons des vérins hydrauliques qui permettent d’obtenir un pressage à plus de 80 bars rendant les carreaux très compactes et peu poreux et leur conférant une dureté, une résistance mécanique et à l’usure.

Le façonnage : C’est là où entre en jeu, toute l’expérience de l’ajusteur qui va opérer la transformation du pain d’argile, en masse puis en carreau, pavé ou tomette.

Il faut d’abord juger de la dureté suffisante du pain d’argile en appliquant son doigt dans l’argile. Si le pain est assez dur, il est dirigé vers l’atelier de pressage.

Dans le cas contraire, il restera dans le hangar pour y subir une ventilation douce afin de le rendre plus ferme favorisant le pressage et les manipulations manuelles du carreau.

Le pain d’argile passe dans la mandoline, découpoir composé de fils d’acier permettant de découper par arrachement les pains d’argile. L’opérateur reprend en main les masses d’argile obtenues, met au rebut les entames et les dispose sur la table de pressage en les séparant un par un pour éviter un colmatage entre les carreaux. La surface des carreaux est recouverte d’une huile végétale pour éviter que l’argile ne colle à la presse.

Ensuite ils sont placés un par un dans la presse pour y prendre la forme voulue et une épaisseur d’environ 15 mm. A la sortie de la presse, les carreaux sont déposés sur des racks équipés de plaques perforées facilitant le séchage.

Le séchage

L’ensemble des produits est acheminé dans un hangar ou dans les séchoirs. Le but du séchage est d’éliminer l’eau avant la cuisson. Le temps de séchage est d’environ un mois et demi à deux mois, en fonction de la température d’ambiance. Il s’agit d’une opération délicate car il faut tenir compte de la température extérieure. Généralement, en hiver, nous ne fabriquons pas de carreaux pour éviter les risques de gel et le coût important de séchage dû à l’utilisation de chauffage au gaz.

La Cuisson 

La cuisson est un processus délicat dans le mode de fabrication des carreaux. Il faut environ dix jours pour remplir les 50 m3 de nos fours. Les carreaux sont rangés manuellement sur huit rangées constituées de briques réfractaires que l’on a disposé en fonction des formats des carreaux, pavés, tomettes à cuire. L’enfournement nécessite une grande expérience car il faut respecter un placement rigoureux de manière à faire tenir environ 30 000 pièces qui seront placées proches ou éloignées des alandiers ou en bas, à mi-hauteur ou en haut du four en fonction des nuances du carreau recherchées.

Ensuite, on va procéder à l’emmurement de la porte principale du four. Pendant ce temps, on procède, en fonction de la teneur en humidité des carreaux, à la mise en route d’un ou deux brûleurs pour accélérer le séchage.

On passe ensuite au préchauffage qui va durer une journée afin de porter la température entre 150 et 200°c.

Le grand feu se fait en général le vendredi soir. Il va être entretenu pendant 35 heures, nuit et jour, afin d’obtenir une montée en température à 1150°c, température qu’il faudra maintenir jusqu’à la tombée des « montres » (cônes permettant de vérifier que la température a été atteinte. En effet, à cette température, la vision des carreaux est trouble ne permettant pas de juger de la cuisson des terres cuites.)

La cuisson étant jugée suffisante, l’alimentation du foyer est arrêtée et ses orifices obturés pour éviter tout tirage. Le refroidissement durera trois semaines. Au bout de trois semaines, la température sera encore de 100°c. L’ouverture du four pourra commencer progressivement.

La qualité d’une terre cuite tient en grande partie de sa cuisson qui lui donnera à la fois ses nuances et surtout toutes ses qualités.

Les couleurs et nuances des carreaux en terre cuite

Nos carrelages en terre cuite peuvent être généralement répartis en 5 nuances principales de couleurs qui, elles-mêmes, se déclinent du plus clair au plus foncé grâce aux différents mélanges de terres. Nous travaillons quatre argiles, deux rouges et deux grises, issues dans carrières de la Puisaye et de la région de Moulins. Les réserves d’argiles autour de la fabrique se sont taries au fur et à mesure de leur exploitation. En outre, l’obligation de la part de la Dreal d’une remise en état des sites exploités ne permet pas l’exploitation de sites limitrophes de l’usine de Courboissy. Les argiles sont utilisées pures ou mélangés pour permettre de développer les cinq gammes de produits : Charny, Dicy, Chevillon, Courboissy et Prunoy.

La cuisson dans des vieux fours non homogènes rend possible d’obtenir aussi des teintes nuancées flammées.

La dénomination « tomette » ou « tommette » pour certains, est utilisée comme terme générique pour désigner un revêtement de sol en terre cuite. Il caractérisait principalement des carreaux et des carrelages en terre cuite de forme hexagonale. On trouvait généralement dans les maisons bourgeoises la forme hexagonale et dans les maisons de campagne des pavés en terre cuite.

Si le format des terres cuites est plutôt réduit, c’est que cela facilitait la pose, évitait les problèmes de déformation et de fentes de séchage ou des rebus à la cuisson et autorisait une pose plus rapide adaptée aux sols en terre ou de sable. De même, à l’époque, la terre cuite, d’une épaisseur conséquente pour améliorer sa solidité, a-t-elle été par la suite posée sur un lit de chaux, pour aplanir les différences et sceller les carreaux. Les interstices entre les carreaux étaient bouchés au fil du temps par la poussière ou la terre ramenée par le passage.

La terre cuite a connu son apogée après la deuxième guerre mondiale avec la reconstruction et l’apparition de la terre cuite mécanique et le grès céramique.

Les terres cuites de Courboissy proposent une seule finition de ses carreaux. Eux ceux-ci sont de par leur manipulation manuelle dans une finition traditionnelle, authentique avec ses arrachements de l’argile marquant plus ou moins les carreaux par des petits interstices irréguliers en creux. Nos carreaux sont légèrement cintrés, les bords, les arêtes, les angles irréguliers donnant au carreau un léger bombé.

A l’inverse des carreaux étirés, il n’est pas possible de vous proposer des carreaux lisses avec des bords droits, ou des variantes se voulant adoucis, patrimoine, antique, historiques ou traditionnels.

Les différents formats des carreaux, pavés, tomettes en terre cuite

Du fait de notre mode de fabrication, nous sommes liés, dans les formats de notre production aux dimensions de notre presse. En effet, notre outil de production nous permet de réaliser de manière standard les formats suivants :

10 x 10 cm, 15 x 15 cm, 19 x 19 cm, 10 x 21 cm, tomette de 11 cm de bord plat à bord plat, de 15 cm, de 18 cm et octogone de 18 cm.

L’épaisseur de nos carreaux, pavés et tomettes est de 15 mm à l’exception des hexagones de 11 cm dont l’épaisseur est de 11 mm.

Il est possible d’assembler plusieurs formats différents pour créer un calepinage ou mélanger des gammes différentes. Grâce à ces mélanges d’argiles, nous obtenons des couleurs qui se marient très bien, aux sols anciens, à la rénovation du patrimoine ou de monuments historiques ou qui permettent de retrouver les nuances de régions : rosé de provence, rouge brique du nord de la France, paille du Tarn et Garonne.

Carrelages, pavés en terre cuite pour extérieur

L’utilisation de carreaux en terre cuite à l’extérieur pour des patios, terrasses, parvis est possible grâce à un pressage des pavés à 80 / 100 bars et une cuisson plus importante.  L’intérêt de l’utilisation de la terre cuite est qu’elle permet une absorption de la chaleur du soleil, qu’elle donne un aspect naturel de par sa couleur au décor du jardin, une atmosphère de douceur et de sérénité et qu’elle s’harmonise avec de nombreuses façades existantes. Généralement, on applique un traitement hydrofuge sur les carreaux, leur permettant un nettoyage simplifié.

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